Les nouvelles équipes municipales sont installées. Dans un environnement caractérisé par une multitude de fragilités, l’action publique sera attendue dans sa capacité à protéger, transformer et soutenir dans un budget contraint. Au-delà de la séquence médiatique, le volontarisme politique sera observé et ses effets réels évalués. En 2026 pour les collectivités territoriales, les enjeux seront nombreux.
Quels sont les enjeux pour les collectivités territoriales en 2026, après les élections municipales ?
Les nouvelles équipes municipales sont installées. Ce sera bientôt au tour des équipes intercommunales. Les projets vont maintenant être mis en œuvre, dans la découverte, pour certains, ou la redécouverte, pour d’autres, de la rencontre parfois sourcilleuse entre les promesses de campagne et la réalité de la situation financière des mairies conquises. Dans un contexte de contrainte budgétaire forte, alors que les défis à relever semblent ne jamais avoir été aussi importants, quelles sont les possibilités concrètes d’action et de transformation ? Nous posons la question des enjeux rencontrés par les collectivités territoriales en 2026, après ces élections. Entre réflexion et prospective.
Dans beaucoup de villes, les campagnes politiques se sont articulées autour des notions d’apaisement et de protection, la ville étant perçue comme un des derniers remparts contre une certaine brutalité, réelle ou ressentie, du monde : précarisation accrue, fragilités économique, incertitudes géopolitiques, hausse des incivilités, reprise de certains indicateurs d’insécurité… A l’aune de cette perception, incarner un refuge de stabilité semble être le premier des enjeux.
Alors que la société apparaît de plus en plus divisée, avec des lignes de fracture qui s’amplifient, les collectivités territoriales – municipalités en tête – auront pour rôle de repacifier, de détendre les tensions, d’enclencher et de faciliter la rénovation d’un contrat social dont certains se sont (ou se sentent) éloignés.
Calendrier démocratique oblige, le cycle municipal qui s’ouvre durera une année de plus – 7 années au lieu de 6 – offrant comme une prolongation au temps de l’action. Mais ce sera à double tranchant : l’emballement médiatique faisant et défaisant les représentations et les sympathies que les citoyens ont envers leurs représentants, cette année supplémentaire pourrait donner du fil à retordre à certaines équipes nouvellement élues. Par ailleurs, alors que se profilent déjà, dans un an, de prochaines échéances électives qui concentrent déjà toute l’attention médiatique, comment favoriser la transformation de la société à long terme ?
Volontarisme et évaluation de l’action publique
Être volontariste et centré sur l’action : voilà le premier passage obligé. La pédagogie de l’action menée sera certainement le second. Les collectivités auront à être encore plus exemplaires, transparentes et irréprochables : sur les questions de moralité de la vie publique, de bonne gestion de l’action publique (coûts et modalités de mise en œuvre des politiques publiques) dans les finalités visées comme dans la performance démontée (efficacité des politiques publiques). A certains endroits ou auprès de certains publics, la confiance sera à restaurer.
Parce qu’elle sera sans cesse et davantage questionnée par les citoyens et usagers, la réalité des impacts des politiques menées devra être démontrée. L’évaluation des politiques publiques prendra certainement une place native dans leur conception.
Le volontarisme de l’action publique ne portera ses fruits qu’en mobilisant des relais dont la mise en mouvement décuplera l’effet : associations, opérateurs, prestataires, représentants de la société civile ou du monde économique, citoyens et usagers dont la participation devra s’opérer par le vecteur de démarches coopératives ou sous la forme d’attelage d’énergies et d’expertises aux configurations variées (contractualisation via des marchés publics, délégation publique et ses multiples formats : SEM, PPP…).
Des stratégies inclusives, de proximité
L’accès aux services publics restera une question centrale des stratégies menées. Il faudra parfois opérer des pivots notables, comme sur le tout-numérique, quand on sait que 44 % des Français ont des difficultés à réaliser leurs démarches administratives en ligne selon une étude du Credoc[1] et que ces difficultés sont le nouveau révélateur d’inégalités sociales fortes, entre niveaux de diplôme notamment. Plus que cela, 15 % de la population adulte âgée de 15 ans ou plus est en situation d’illectronisme en France selon l’ANLCI[2]. Toujours d’après elle, 28 % des personnes ont des capacités numériques faibles, c’est‑à‑dire qu’elles manquent d’une, deux ou trois compétences de base.
Tout comme dans l’accès aux services publics, l’espace public fera l’objet de lutte pour sa réappropriation, sous toutes ses formes : sociale, spatiale, économique, démocratique, démographique ou culturelle. Les politiques publiques seront menées sous le double sceau de l’inclusion de toutes et tous, quels que soient leur origine ou leur identité, et de la transition environnementale, inévitable.
Au-delà de l’amélioration du cadre de vie des habitants, le lien social sera à recréer, développer, revivifier. La conscience démocratique nécessitera également d’être entretenue, à l’heure des fake news et des campagnes de désinformation, parfois avec ingérence étrangère, dont nous sommes victimes.
Accompagner la transformation publique
Pour les organisations et leurs personnels, il faudra être au rendez-vous de la modernisation, de l’innovation et de la proximité avec les usagers. Comme toujours. Pour les agents, la capacité à comprendre, anticiper et conduire le changement sera une compétence primordiale. Les managers devront être outillés et formés pour accompagner leurs équipes.
Certains secteurs, comme l’action sociale (enfance, personnes âgées, personnes en situation précaire…) ou le logement, rencontreront des défis humains sans précédent. Les personnels devront, encore plus que précédemment, être soutenus et aidés pour pouvoir faire face, au quotidien, à des situations humaines de plus en plus inextricables.
A ce titre, les dispositifs de médiation, de prévention des risques psycho-sociaux, d’analyse de pratique professionnelle, de médiation ou d’accompagnement collectif resteront, à l’instar des années précédentes, parmi les « hits » des demandes d’accompagnement RH.
Former pour apprivoiser les innovations et retenir les talents
Parmi les innovations (qui n’en sont finalement plus tellement) à intégrer dans les pratiques, l’intelligence artificielle occupera une place toujours prépondérante. En 2023, elle pouvait encore être perçu comme un gadget. En 2025, ses conséquences sur le travail se sont révélées au grand jour, ayant été à l’origine de plusieurs plans de licenciement massifs, surtout dans les grandes entreprises de prestations intellectuelles (conseil, informatique) jusque-là épargnées. Les impacts organisationnels de l’IA ne sont plus à anticiper : ils sont là. Nul ne peut ignorer que l’IA est partout : il faut donc former, former et former pour ne pas être dépassé. Tout en maintenant une position ferme concernant l’éthique et la « juste place » de ce que nous serions tentés de parfois définir uniquement comme une révolution technologique.
L’attrait pour la fonction publique étant en berne, il conviendra de trouver des solutions réelles et pérennes aux crises de vocation et de recrutement.
Une coopération par volonté ou par nécessité
La transformation publique est aussi celle de la répartition des compétences entre strates territoriales. Surtout en période de disette financière, où la coopération est désormais la norme. La redéfinition des gouvernances locales devra obtenir des gains d’efficience constatés tout en évitant la dilution des responsabilités et la mise en cause de l’efficacité de l’action publique.
Au sein du bloc communal, les contentions économiques vont certainement contraindre à une revisite du partage ou de la mutualisation des compétences entre municipalités et intercommunalités. Pour les Départements et les Région, déjà bien amputés dans leurs budgets, les questions continueront à se poser : revoir à la baisse certaines dépenses ? mettre fin à certains programmes ou dispositifs, y compris lorsqu’ils bénéficient à ceux qui en ont particulièrement besoin ? Comme les deux précédentes, l’année 2026 proposera de nombreux dilemmes budgétaires qu’il conviendra de résoudre – avec âpreté et sans sentiment.
Enfin et malgré tout, l’action publique sera attendue dans sa capacité à soutenir l’activité : économique, culturelle, sociale. Car c’est dans leurs facultés transformatives que les stratégies territoriales seront jugées.
Pour vous soutenir dans la réponse à ces enjeux, Kanyon Consulting se tient en 2026, comme depuis 2018, aux côtés des collectivités territoriales pour :
- Accompagner la conception, la valorisation et l’évaluation des politiques publiques
- Accompagner la transformation de l’action publique et l’évolution des compétences de ses acteurs
- Animer vos réseaux professionnels internes ou de coopération interinstitutionnelle, jusque dans l’organisation de vos temps forts.
Un besoin d’accompagnement ? Contactez-nous : contact@kanyon-consulting.fr ou https://www.kanyon-consulting.fr/nous-contacter/
Aymon WESTPHAL
Président de Kanyon Consulting
[1] https://www.credoc.fr/publications/barometre-du-numerique-edition-2025
[2] https://www.anlci.gouv.fr/illectronisme/lillectronisme-en-chiffres/
NB : texte garanti 100 % humain, 0 % IA.
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